Lenteur et convivialité au coeur du Slow Food!
Pour connaître davantage ce mouvement et les principes qu’il défend, nous avons réalisé une entrevue avec monsieur Paul Caccia.
Le Slow Food est un mouvement qui encourage les gens à se réapproprier les plaisirs de la table en bonne compagnie. L’acte de faire le repas reprend ses lettres de noblesse en renouant avec les traditions et son savoir-faire. L’acte de manger devient important et se base sur le partage et les découvertes.
Dans ce courant, le Slow Food, « essaie de protéger la biodiversité (…) que ce soit des races animales ou des variétés végétales.
Comme mentionné plus haut, l’organisation Slow Food
compte 83 000 membres répartis dans une centaine de pays
sous forme de conviviums (« festin » en italien,
« banquet » en latin). Il y en aurait plus de 800
à ce jour.
Les conviviums sont des regroupements régionaux ou locaux
qui font la promotion de la production artisanale locale. Ils
organisent des repas, des dégustations, des visites de
fermes ou d’artisans. Ils présentent aussi des
conférences et animent des ateliers d’éducation
au goût.
Au Québec, on compte maintenant cinq conviviums :
région de l’Abitibi-Témiscamingue,
région des Cantons de l’Est, région de
Charlevoix, région de la Vallée de la Batiscan en
Mauricie et récemment, le convivium de
l’Université Concordia.
Notez que Slow Food Québec est en voie de changer sa
dénomination pour devenir Slow Food Montréal. Les
activités, conférences, dégustations touchant
majoritairement le bassin montréalais, il est plus à
propos pour l’organisation de modifier sa
désignation.
Les conviviums sont mis sur pied par des gens qui ont un
intérêt pour la production artisanale et qui veulent
sauvegarder ce riche patrimoine. Dès lors, parce qu’il
partage la philosophie Slow Food, ils créent une
organisation locale leur permettant d’entrer en lien
directement avec les producteurs-artisans. C’est très
avantageux pour eux, comme le relate monsieur Caccia : « Au
Salon du goût de Turin en Italie (du 27 au 30 octobre 2006),
on a amené trois producteurs-artisans du Québec et un
cuisinier. Ça leur donne un réseau international et
ça fait parler d’eux à travers le
monde.»
Les membres Slow Food sont chefs, cuisiniers, informaticiens,
étudiants, agriculteurs, des journalistes, médecins.
Tout le monde ce sent concerné.
Tout en éveillant le goût du public à une nourriture de qualité et à des expériences gustatives nouvelles, l’objectif premier de Slow Food est « de changer, de modifier les valeurs des gens par rapport à l’alimentation » souligne monsieur Caccia.
Bien que ce soit une organisation internationale, elle est peut-être moins connue au Québec selon monsieur Caccia, et ce, même si c’est le plus gros chapitre au Canada avec plus de 200 membres. En effet, il faut savoir que c’est une organisation bénévole. Les membres qui y participent organisent des activités, des séminaires et font différentes actions pour protéger les races patrimoniales.
Monsieur Caccia propose que le panier de provisions contienne quelques produits de producteurs-artisans pour que ces produits et métiers puissent demeurer au fil du temps.
Pour monsieur Caccia, « il faut que les gens arrêtent de penser que manger ça doit coûter peu. Manger ça coûte un certain prix et le consommateur doit faire des choix. Est-ce qu’on veut bien se nourrir, de façon équilibrée ? On n’a jamais parlé autant des maladies reliées à l’alimentation. Que ce soit l’obésité, la sédentarité ou la mauvaise qualité des aliments. Il faut que les consommateurs se prennent en main et soient aussi orgueilleux et soient aussi sélectifs par rapport à ce qu’ils achètent. À partir de là, ce que l’Artisan a à proposer, c’est important.
Prendre le temps de faire et de manger son repas! Comme les gens sont souvent pressés, monsieur Caccia recommande de tranquillement changer les habitudes alimentaires. Un bon moment pour le faire? Le soir ou le week-end.
Que doit-on répondre aux gens qui n’ont pas le temps de découvrir de nouveaux produits ou de cuisiner de nouveaux mets? Monsieur Caccia leur dira : « qu’ils commencent à intégrer dans leur habitude alimentaire des moments où ils préparent un plat à partir de produits d’un ou deux artisans qu’ils ont intégrés dans leur habitude de consommation. Ils découvriraient peut-être d’autres produits avec un goût différent de ce qu’ils ont l’habitude d’acheter. Cela les encouragerait peut-être à aller un peu plus loin.
Pour monsieur Caccia, Slow Food est là pour rester. Il deviendra sans doute plus fort au Québec, et un peu partout dans le monde, au fil des années et des préoccupations du mouvement et de ses membres.
Au cours des prochains mois Slow Food Québec veillera à réaliser différents projets :
- Vague offensive menée par Slow Food Québec pour protéger des races patrimoniales qui se perdent comme le poulet Chanteclerc ou encore la vache canadienne.
- Ouverture d’autres chapitres à la grandeur de la province (activités de dégustations, d’éducation au goût, des conférences, etc.)
- Sensibiliser le maximum de gens à modifier leurs valeurs alimentaires
- Appuyer la production artisanale locale et régionale
Sous les thèmes de la lenteur, du plaisir, du goût, de la découverte, de la convivialité, voici quelques pistes pour un repas Slow Food.
- salade verte, tomate fraîche, quelques fines herbes, un filet d’une bonne huile d’olive et d’un vinaigre fabriqué de façon artisanale
- pâtes fraîches, légumes au choix, filet d’huile d’olive, copeaux de parmesan
- sandwich avec tomates du jardin ou tomate séchée, charcuterie, fromage
- salade de fruits de la saison
- assiette de fromage (fromage de fabrication artisanale, etc.)
- Potage de tomates et de poivrons rouges
- Omelette méditerranéenne
- Salade de poulet
- Côtelettes d’agneau marinées au vin

