Le Slow Food, vous connaissez ?
Ce mouvement est né en
Italie, pays de la gourmandise, sous la bannière de
l'escargot car il prône la lenteur et les produits
authentiques. Ses membres sont des restaurateurs, des agriculteurs,
des médecins, des nutritionnistes, des journalistes, des
ménagères, des consommateurs sensibles à la
protection de l'environnement et à la sécurité
alimentaire.
En 1986, les magazines publiaient la photo de l'acteur Marcello Mastroianni manifestant contre l'implantation d'un McDonald, symbole de la fast life, à Rome. En 2000, l'agriculteur français José Bové faisait les manchettes en tentant de freiner le progrès des McDo. Aucun des deux n'a réussi. Contre vents et marées, la multinationale est plus populaire que jamais et plante son M sur toutes les places des grandes villes du monde.
C'est dans une bourgade de 27 000 habitants à Bra, dans le nord de l'Italie, que le Slow Food voit le jour en 1986; un mouvement associatif qui recrute ses membres d'abord en Italie mais qui, en quelques années, s'étendra dans les autres pays. Cette internationale du goût, née dans les vignobles italiens, rayonne aujourd'hui dans 45 pays dont la France, la Suisse, l'Allemagne et l'Autriche, les États-Unis, la Grèce, la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande, le Japon et le Canada.
Près d'une centaine de milliers de membres sont réunis dans des « conviviums », des groupements régionaux ou de quartiers. On trouve des amateurs de champignons, des passionnés de légumes bios, des fous de l'huile d'olive, des mordus du chocolat 70 %, des poètes des pétales de fleurs... Il y a ceux qui croient au lait cru, ceux que les aliments transgéniques gênent, ceux qui aiment le mijoté et le confit. Chaque convivium Slow Food organise ses événements où la découverte culturelle, l'apprentissage gustatif et le dynamisme économique font oeuvre commune pour défendre activement saveurs, traditions et produits. Le Québec a le sien qui compte environ une trentaine de membres et organise régulièrement des conférences-dégustations à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec à Montréal. Il fête aussi la Journée de la lenteur décrétée le 21 juin, au Parc Lafontaine à Montréal.
On est loin de la restauration-minute et de la standardisation. Slow Food prône le repas-plaisir, le goût des aliments, la recherche de produits authentique. Il travaille à la défense de la biodiversité végétale, animale, technique et culturelle, sur chaque continent.
Depuis l'an 2000, Slow Food sélectionne à travers le monde des gens qui travaillent à sauver des produits en voie de disparition. Il vise à reconnaître le travail des champions méconnus de la culture alimentaire, chercheurs, paysans, distributeurs, formateurs, entrepreneurs, tous ceux qui contribuent à ralentir l'appauvrissement du patrimoine végétal et animal, à la base des cultures gastronomiques, et à préserver l'équilibre écologique de la planète.
Des 13 personnes retenues en 2000, il y avait une Canadienne, Nancy Turner, de Victoria ,en Colombie Britannique, et dont la recherche sur les propriétés alimentaires et curatives des plantes des tribus autochtones, avait retenu l'attention. On a récompensé aussi un apiculteur turc qui poursuit l'élevage, sur la mer Noire, d'une race indigène d'abeilles dans des ruches traditionnelles. Après Porto au Portugal, en 2001, c'était tout récemment à Turin en Italie qu'on reconnaissait le travail accompli ailleurs sur la planète.
L'Arche du goût se veut une mémoire gastronomique du monde, une sorte d'inventaire où figurent les produits oubliés ou menacés par la standardisation, les conditions économiques ou la réglementation. Pour cela, des sentinelles internationales parcourent le globe afin de raviver l'intérêt pour les aliments traditionnels qui risquent de disparaître, de mettre en valeur les microéconomies susceptibles de relancer une région ou un produit traditionnel et de promouvoir la biodiversité agroalimentaire. Cela a été fait pour la fleur de sel de Belamandil, en Algarve, au Portugal, que des jeunes spécialisés en biologie marine ont sauvée de la disparition; tout comme le Dry Montery Jack, un fromage californien conservé dans le poivre et le cacao et dont l'avenir dépendait de l'effort de ses deux derniers producteurs.
Slow Food n'a pas fait que sonner l'alerte contre le fast-food, l'uniformisation des goûts et la menace d'un futur mécanique, bionique et transgénique. Il prône les cuisines du monde, revendique le droit aux odeurs, aux saveurs, aux cultures, une sorte de « village global » du goût.
Pour des informations sur Slow Food International, consultez le site : www.slowfood.com


