L'histoire du thé et ses coutumes !
Le thé, ce n'est pas seulement de
l'eau chaude et quelques feuilles ou un sachet. Avec plus de 700
milliards de tasses consommées par an dans le monde, le
thé,c'est aussi un art de vivre, un rite qui a sa
légende.
L'inventeur du thé...
L'histoire commence en Orient, en 2737 avant Jésus-Christ.
L'inventeur du thé serait un empereur chinois qui ne buvait que de
l'eau bouillie. Un jour, Chen Nung s'assoupit à l'ombre d'un théier
sauvage. La brise amena quelques feuilles dans sa tasse. Au réveil,
il en but le contenu et fut ragaillardi et ravi. Sacré « boisson
royale », le thé « miracle » considéré comme une potion énergique
nécessaire à la méditation, partit à la conquête de l'univers.
Un thé qui voyage...
Parti d'Asie et suivant la route des caravanes, le thé gagne
ensuite la Perse en empruntant la route des Indes. Conditionné sous
forme de briques pour un transport plus aisé, il parcourt la
Mongolie, entre au Tibet, séduit le Moyen Orient. La Russie en fait
avec la vodka sa boisson préférée. Le thé s'arrête dans les salons
dorés de Louis XIV où, rapporte la marquise de Sévigné dans ses
lettres, on lui ajoute « un nuage de lait ». Entraînés par la reine
Victoria qui l'adorait, les Anglais en font leur boisson nationale.
Aujourd'hui encore, tout est prétexte à boire une tasse de thé.
Les plaisirs du thé
Le temps du thé
Le tea time exige de savoir prendre son temps, de
s'installer confortablement, de s'extraire du quotidien et de
savourer l'instant. C'est un luxe que dans le tourbillon de la vie
actuelle, bien peu de personnes peuvent s'offrir. Mais pourquoi se
priverait-on le week-end du plaisir d'inviter des amis à bavarder
et à déguster ensemble quelques douceurs faites maison autour d'un
thé fumant ?
Le saviez-vous?
Il existe plus de cinq cents variétés venues du monde
entier. Thés verts, blancs, semi-fermentés, noirs ou parfumés. Les
trois grands producteurs de thé sont la Chine, l'Inde et Sri Lanka
(ex-Ceylan). Mais on compte aussi Taïwan, l'Indonésie et le Japon
où un moine boudhiste fit connaître le thé au IXe siècle. Il avait
rapporté d'un voyage en Chine des plants qu'il cultiva au pied de
la montagne sacrée d'Hirizan. C'est lui qui inventa la cérémonie du
thé.
La philosophie
japonnaise
Car pour les Japonais, le thé est beaucoup plus qu'une boisson,
c'est une philosophie qui a des règles très précises, transmises de
génération en génération. On l'appelle le cha-no-yu; il constitue
un véritable art de recevoir. Gestes mesurés, saluts mutuels,
déplacements à genoux, la cérémonie du thé peut durer jusqu'à
quatre heures.
Du petit déjeuner jusqu'au soir, en passant par le repas du midi, chaque pays a sa façon de le déguster. En voici quelques exemples.
Une recette à essayer.
Thé Chaï
À
l'anglaise
Le thé se boit nature dès le réveil, souvent au lit pour
commencer la journée; c'est le early morning tea. Au breakfast, on
en boit encore, chaud et fort, et pour atténuer l'astringence du
tanin on ajoute un peu de lait et du sucre. On le boit avec du
porridge, des œufs brouillés et même du poisson. C'est de l'Assam
pur, de Thaïlande ou de Ceylan, ou du Darjeeling, mais le parfum
change selon l'heure du jour. À midi et dans l'après-midi, on opte
pour le Earl Grey ou le Lapsang. En soirée, on en boit encore. Le
thé est servi dans une théière en argent et savouré dans une tasse
en porcelaine, avec de petits sandwichs au concombre, aux tomates,
au fromage à la crème et au cresson, une génoise au citron, des
scones et des crumpets beurrés.
À
l'allemande
L'Allemagne découvrit le thé bien avant les Anglais. Au
XVIIIème siècle, il remplaçait la soupe du matin. On en buvait
trois à quatre fois par jour. Aujourd'hui encore, on en consomme
autant que les Anglais et deux à trois fois plus que les Français.
Un peu de crème fraîche est ajoutée parfois à l'infusion. L'été, on
le boit glacé.
À la russe
C'est le rival de la vodka. Les grands
écrivains Tolstoï, Pouchkine, Tchekov et Dostoïevski ont tous
décrit des scènes autour du samovar, cette bouilloire en cuivre ou
en bronze qui maintient l'eau chaude en permanence, « grondant
comme la tempête ». Le samovar permet ainsi de préparer le thé à
tout moment et de le servir dans des verres munis d'un porte-verre
en métal. C'est un thé chinois légèrement fumé mais extrêmement
concentré (moitié eau, moitié thé) qui se boit sans lait avec un
sucre dans la bouche. Le morceau de sucre se place entre les dents
et le thé s'en imprègne en passant de la tasse à la bouche.
À la
marocaine
Marque d'amitié et de convivialité, le thé se sert à toute
heure, dans des verres en cristal transparent à motif de couleur,
en tenant la théière en métal argenté très haut pour faire mousser
le liquide. Le Marocain préfère le thé vert auquel il ajoute au
fond de la théière des feuilles de menthe broyées. Il l'accompagne
ou non de sucreries et le sert même durant les repas, souvent
lourds et épicés, car il favorise la digestion. On dit que « Le thé
est amer comme la mort, sucré comme la vie, et doux comme l'amour !
»
À la
japonaise
Si la cérémonie du thé, codifiée au XVIème
siècle, s'enseigne toujours, au même titre que la musique ou la
danse, le thé, lui, se boit plus simplement dans des bols en
céramique ou une fine tasse de porcelaine, tôt le matin et pendant
les repas, sans sucre bien entendu. Le thé vert est très
désaltérant mais on opte aussi pour du thé aromatisé à la pomme, à
la rose ou à la cannelle. Avec le thé vert, on présente des
pâtisseries qui vont comme disent les Japonais, « habiller
l'estomac ».
À
l'américaine
La vogue du thé glacé y naquit au XIXème siècle,
sucré et citronné, parfois accompagné de rhum ou de whiskey du
Tennessee. Cette habitude a donné naissance à l'instant tea, poudre
de thé lyophilisé qui se dissout dans l'eau froide. On en trouve
encore déjà prêt et conditionné dans des canettes. Inutile de dire
que les véritables amateurs de thé n'apprécient guère cette façon
de boire qui détruit « l'esprit du thé ». Certains optent donc pour
un thé parfumé (Earl Grey à la bergamote), un thé au citron ou à
l'orange, et préparent leur thé glacé en laissant macérer les
feuilles dans un broc d'eau froide pendant douze heures au
frigo.
- Acheter un produit de bonne qualité. En feuilles, de
préférence. Les vrais amateurs prétendent que le
sachet
n'est que « l'ombre d'un thé véritable ». - Le conserver dans une boite en métal ou un pot en céramique étanche. Pas plus d'un an pour les thés parfumés, deux pour les classiques, car il s'évente à la longue.
- L'art de réussir le thé passe par l'eau, laquelle doit être pure et neutre. Certains préfèrent à l'eau du robinet trop dure et souvent javellisée, une eau embouteillée. Amener l'eau choisie au frémissement et non à ébullition.
- Réchauffer la théière avec un peu d'eau chaude avant d'y jeter les feuilles.
- Changer de théière pour chaque type de thé surtout s'ils sont fumés ou parfumés. La rincer à l'eau, sans détergent, jamais de lave-vaisselle.
- Adapter le temps d'infusion au type de thé et au goût de chacun. Au bout de trois minutes, le thé a libéré toute sa théine et les tanins qui continuent, eux, à se dégager, deviennent vite amers.
Pour déthéiner votre thé, jetez le premier thé et versez une deuxième eau sur les feuilles. Il ne restera presque plus de théine et vous ne craindrez pas l'excitation. Enfin, auxiliaire de beauté, le thé appliqué en compresses repose les yeux fatigués. Un rinçage au thé donne aussi aux cheveux châtains un reflet cuivré.



